Youcef Korichi & Alex Tennigkeit – Trash de Luxe

Kuratiert von / curated by Axel Pahlavi
Eröffnung: am Freitag, den 11. November, ab 18 Uhr / Opening: Friday, November 13, 2015, from 6 pm
Laufzeit / exhibition from : 12. November – 20. November 2016
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Ni vraiment luxe, ni vraiment trash, une femme, un homme, deux artistes.

Alex Tennigkeit nous propose une poubelle, comme on n’en voit plus dans les rues de Berlin, probablement intemporelle, interstellaire et mystique, métallique comme l’était l’objet de Kubrick sur lequel s’ouvrait au début du XXIème siècle « A Space Odyssey » et de l’humanité. Ne subsisterait-il de notre humanité, sur une terre où nous avons fait disparaître les fleurs que nos déchets que butineraient à l’infini un essaim de mouches monstrueuses. Kubrick ouvrait son odyssée sur « Also sprach Zarathustra » et poursuivait avec « An der schönen blauen Donau » mais le Danube a cessé d’être beau d’être bleu depuis longtemps, Zarathoustra s’est tu à jamais, Dieu est mort, l’Übermensch aussi et il y a près d’un siècle que Trotsky a promis à ses adversaires de finir « dans les poubelles de l’histoire ».

Après plusieurs séries d’autoportraits, est-ce là ce que nous portraiture de l’humanité la belle Alex Tennigkeit, après son « Taboo rasa » de 2014, ou son « Outopia Prelude » de 2006 ou encore « I never get out of this Blues alive » présenté dans un aérodrome à la fin du siècle dernier. N’y aurait-il donc aucune rédemption possible ? La chose serait étonnante quand on sait que l’exposition de la jeune Allemande est curatée par Axel Pahlavi, qui lui y croit, en Dieu et en sa déjà confirmée collègue en peinture dont il nous invite à partager les interrogations. « C’est le regardeur » nous a dit Duchamp « qui fait le tableau ». A lui à bricoler ses propres réponses aux questions fondamentales que pose Alex Tennigkeit.

Est-ce du côté de Youcef  Korichi qu’il faudrait trouver la réponse ? Lui non plus n’est pas un inconnu et il faisait entre autres partie des expositions « La belle peinture » de 2012 et 2013 et je me rappelle avoir écrit, à propos de celle de Bratislava où il présentait une de ses « bennes » que de cette exposition à laquelle participait la fine fleur de la peinture française « on dirait demain ils en étaient ». Là étaient en effet les Favre, Deroubaix, Cadio, Pahlavi Obrecht et …Youcef Korichi, autant de noms de la jeune peinture française à retenir. Je ne suis pas certain que la benne de Youcef  réponde à la poubelle d’Alex, encore que… La réponse de Korichi au monde tel qu’il est, c’est la peinture, c’est de le peindre tel qu’il est dans la simplicité inquiétante des visages ou objets qui ne nous laissent d’autre réponse que la peinture en soi, la chose en soi, « an für sich »  dont Kant nous dit dans « La critique de la raison pure » que « les rapports des objets dans l’espace et le temps ne peuvent comme phénomènes exister en soi, mais seulement en nous » Sartre, dans «  L’Etre et le Néant » affirme, en contrepoint, que chez l’homme « L’existence précède l’essence » signifiant que l’homme surgit dans le monde et se définit d’après lui.

Quoiqu’il en soit, c’est à nous, face au travail de Tennigkeit comme, face à la peinture méta-physique au fond de Korichi qu’il nous faut nous définir et si la tâche nous paraît difficile, elle l’est, elle n’est pas impossible puisque ces deux là y réussissent en nous disant et démontrant, avec leur spiritualité et leur métier : « Je suis artiste ».

Michel Stiernon

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Michel A. STIERNON, est un historien de l’art et sociologue français, né en 1943. Il a étudié l’économie en Belgique et la sociologie et l’histoire de l’art en France et en Allemagne. Après une carrière dans l’industrie ; il enseigne aujourd’hui à Paris et Shanghai. Son intérêt principal va à l’histoire de l’art contemporain, en particulier français et allemand et M-A. STIERNON a récemment écrit sur Wolf Vostell et en tant que spécialiste du fait multiculturel, co-publié Zeitgeist, 2016, sur « Les artistes plasticiens français à Berlin – 1991 – 2014». Ses recherches actuelles, au Laboratoire d’Analyses Socio-Anthropologiques du Contemporain de Paris-Nanterre, portent sur « La construction de la notoriété et de la consécration des Street artistes français – 1968 – 2018 »

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